Bertrand Scholler / à propos du travail de Pascal Vochelet

Une peinture singulière et  vivante.


Pascal Vochelet (ou parfois P@ul) est un peintre qui pratique et ne cesse de travailler avec les formes, les couleurs et les matières. Résultat, cet acharnement à produire, à s’exprimer, est ce qui le conduit à dépasser constamment ses limites, à nous surprendre. Il est le peintre qui est passé, en 8 ans, d’ «amuse-gueules» à «collages historiques»… avec à chaque fois, une constance pour chacune de ses séries.
Modestement, il dit que c’est une forme de hasard qui le conduit à découvrir où il pourrait aller… après avoir commencé à peindre.
Pascal ne cherche pas, il se découvre (…) chaque toile est une aventure en lui, et aussi pour ceux qui ont la chance de croiser ses œuvres. Son travail , il faut le voir, presque le toucher, car tout y est sensible et subtile. C’est un instantanée qui plonge le spectateur dans un monde à cheval entre le familier et l’étrange.
Il dit qu’il avance sur la toile avec ces pinceaux et collages sans toujours vraiment savoir où il va, mais je crois qu’une telle approche implique une connaissance aiguë des techniques, une maîtrise totale des gestes et un profond sens de l’esthétisme (Pascal a tout cela et même plus ; de plus en plus).
Comme Kader Belarbi, j’ai envie d’appeler cela « la culture et la contradiction de l’inspiration et de la liberté que permet une extraordinaire technique. Lorsque le peintre Pascal Vochelet lance un geste, il ne sait pas qu’il sait le faire et il ignore où il ira… ».
Tout cela lui permet de se libérer et de produitre des œuvres inattendues et singulières, inclassable, qu’ on ne peut résumer…d’autant qu’à force de ne pas chercher, il invente un style, son style, aussi éparpillé en apparence, qu’il est singulier.
Et avec des cycles qui se suivent ou se croisent, disparaissent ou réapparaissent, le travail inclassable de Pascal prend une dimension toute particulière, presque universaliste.
Il avoue, qu’ au fur et à mesure de sa pratique, il se libère, se construit et trouve de nouvelles voies dans la projection de soi, d’un moi intime, qu’il peut se sentir mieux ici ou là, mais que la polyvalence lui est salutaire.
In fine, souvent dans le doute ou l’espoir d’un regard de l’autre, Pascal cherche à se rassurer, mais immédiatement à nouveau il fuit dans sa production, sa quête, son introspection artistique, ses silences.
Sur un site de vente aux enchères en ligne, Il se faisait appeler P@ul et il a fait le bonheur de nombreux collectionneurs ou amateurs d’art du monde entier. Ainsi, les heureux enchérisseurs de passage pouvaient, parfois, se voir adjuger des merveilles pour quelques dizaines d’Euros (hors frais de port). Dès réception de leur œuvre, la plupart rejoignaient le rang des acheteurs assidus… faisant invariablement monter la côte. Maleuheusement sur Internet, certaines merveilles échappent parfois aux acheteurs pourtant assidus et toujours plus nombreux, dont j’étais.Depuis, ce sont les galeries, les entreprises et les concours qui récompensent Pascal Vochelet en l’exposant et en mettant son œuvre en avant.
Et pour ce peintre attaché à la lumière de Normandie débarqué à Marseille, les couleurs, les formes, les matières qui se posent et se superposent et donnent cette vie et ce rythme si particulier à ses compositions, sont, selon Kader Belarbi, comme des livrets de ballets.Pascal VOCHELET se découvrant pour nous depuis bien longtemps, mérite d’être, vraiment, découvert.

Bertrand SCHOLLER – Avril 2013
Et les citations de Kader BELARBI (ex-danseur Etoile du Ballet de l’Opéra de Paris, chorégraphe et Directeur du Ballet du Capitole à Toulouse)